Repenser le traumatisme intergénérationnel, un article sur la migration forcée et la violence

Comment les personnes centraméricaines, ainsi que leurs filles et leurs fils, interprètent-elles l’expérience de la migration forcée et les séquelles de la violence ? Et comment ces séquelles façonnent-elles leur vie ? L’article « Rethinking Intergenerational Trauma » [Repenser le traumatisme intergénérationnel] (disponible en anglais) explore ces questions à partir de récits oraux recueillis auprès de vingt-et-une personnes d’origine salvadorienne, guatémaltèque, hondurienne et nicaraguayenne, nées au Canada ou arrivées à un jeune âge. L’équipe interdisciplinaire de personnes auteures comprend Giovanni Hernandez-Carranza, Morgan Poteet, Juan Carlos Jimenez et Veronica Escobar Olivo.

Les personnes auteures mobilisent une perspective de la colonialité et une approche communautaire pour comprendre comment les individus interprètent aujourd’hui les histoires familiales de violence et la manière dont  ces interprétations influencent les relations et l’identité. Ceci s’appuie sur des entretiens approfondis, car cette approche « centre les voix des participantes et participants et met l’accent sur la co-création des savoirs ».

L’article montre également la façon dont  les cadres psychologiques occidentaux dominants peuvent restreindre la manière dont les dommages et les formes de dépassement ou d’adaptation sont expliqués. Comme le soulignent les personnes auteures, « les participantes et participants ont eu recours à des idées eurocentriques du “traumatisme” pour comprendre les séquelles de la violence », ce qui peut mener à « l’individualisation, la psychologisation et la pathologisation » de luttes qui ont aussi des racines sociales et historiques. La discussion s’oriente plutôt vers l’organisation communautaire décoloniale et vers des formes de guérison non occidentales qui reconnectent les personnes aux liens communautaires, aux savoirs culturels et à la construction collective du sens.

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